Patrick Chavardès et Christine Vadrot
________________________________________________________________________________________________________________________
rien ne dénudera la nuit

Ton image affranchie, possédée à plaisir
s’était échouée avec les ombres d’un été.
Reverrai-je, avec toi, le cycle des saisons ?
J’aime ta pâleur mortelle où ruissellent
des veines bleues presque lavande. On dirait,
quand tu dors toute nue, du marbre, quelquefois.
Je te découvre un peu et je te touche à peine,
Mortelle ! Ta pâleur a fait monter ma sève.
Cet hiver-là, déshabillée sous ton manteau,
tu aimais ce jeu d’enfant idiot, pas méchant :
croiser mes rimes et m’embrasser à chaque instant.
Dehors, le vent martyrise les peupliers.
Je m’échine à t’enrager aussi. Frappe-moi !
Tue-moi ! N’étais-je pas le dernier pénitent
dans ton désert, un stylite sans prière,
un bandeau sur les yeux, un amant de Magritte
qui jouait aux osselets sur ta colonne.

Rien ne dénudera la nuit


poèmes et dessins - 16 dessins double-page, quadrichromie
Format 15 x 21 cm, 61 pages, 24 €, ISBN 978.2.9527889.3.9


«Rien ne dénudera la nuit» est le fruit d’un travail en commun, une tentative d’incursion aux frontières de deux imaginaires alliés.
Poème vient du grec, poieîn qui veut dire faire : l’art est une action. Il confronte les éléments dans tous les sens et crée des résonnances inattendues entre signes, traits, sons, rythmes et couleurs.

Silhouettes, visages, lieux apparaissent et disparaissent en douceur. Présente, la mort guette sans bruit, prête à réunir pour l’éternité ceux que la vie a séparé. Le poème s’apparente alors à un chant unique, tantôt passionné, tantôt désespéré, mais toujours chargé de la mémoire d’un temps convulsif.

 

 

accueil
littérature
philosophie
auteurs
contact
actualités